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        Peu de fêtes chrétiennes sont restées plus populaires que celles des Rois.
        Comme à un retour du Jour de l’An, et surtout de Noël, il semble qu’on y célèbre, une fois de plus, l’année qui commence. Sans doute, cette coutume n’a plus rien de très solennel mais la réunion familiale qui s’y rattache lui donne une importance particulière où se resserrent les liens de parenté.

        Les amis intimes sont invités et, au dessert, la maîtresse de maison coupe le gâteau en autant. de parts qu’il y a de convives. Et ce sont des rires et des cris de joie, quand on connaît celui que le hasard a gratifié de la fève légendaire. Il est vrai qu’aujourd’hui, dans les entremets un peu somptueux, le pâtissier enfonce avec malice, un sujet en porcelaine où se heurte désagréablement la dent de celui que la fortune favorise. La fève, cachée dans une autre part du gâteau, est plus spécialement réservée à la reine, à moins que le roi lui-même ne veuille la désigner.

        Il ne faut pas croire que le christianisme soit le créateur de cette veille coutume.
Les Chinois, dont les fêtes et le calendrier remonte à plusieurs siècles avant Jésus Christ, célèbrent de la même façon le sixième jour de chaque nouvelle année. Les Hébreux, selon l’Ecclésiaste, agissaient de même. Et les Romains, eux aussi, tiraient au sort le roi de ce festin, mais en se servant de dés. Ils appelaient « calendes des fêtes » les premiers jours de juin, parce qu’on faisait, à cette époque, des offrandes de fèves à la déesse Carna. Et vers la fin de décembre, les enfants tiraient entre eux, à qui serait roi pendant les Saturnales.

         Bien avant, les Grecs employaient les fèves pour les jugements, comme pour les élections : la fève blanche signifiait « acquittement » la fève noire « condamnation ». La magistrature était élue de cette façon démocratique. De là le précepte de Pythagore : Fabis

abstine  : « Ne te mêle pas aux affaires », et que ses disciples ont faussement interprété : Ne manger pas de fèves.

        On voit donc que l’essence même de cette fête remonte à une antiquité fort lointaine.

        Le christianisme, qui s’est souvent inspiré du paganisme dans les manifestations extérieures du culte, ou qui, du moins, a dû le subir, choisit le 6 janvier pour commémorer, en même temps, la baptême que Jésus Christ reçu de Saint Jean dans les eaux du Jourdain, le miracle de Cana o^il changea en vin les urnes remplies d’eau, et enfin l’époque o^les rois mages vinrent d’Orient à Bethléem, guidés par la divine étoile. L’Eglise nomma cette fête Epiphanie, « apparition ».

         Au temps du roi Hérode, dit l’évangéliste Saint Mathieu, Jésus étant né à Bethléem, des mages se rendirent à Jérusalem, où ils demandèrent à adorer le roi des Juifs nouvellement né. Hérode les envoya à Bethléem, et une étoile, qui jusqu’alors les avait guidés, les précéda dans leur nouveau voyage, jusqu’à ce qu’ils fussent arrivés à l’étable où reposait l’Enfant Dieu ; et se prosternant, ils l’adorèrent. L’Evangile ne dit pas quel fut leur nombre, et la légende, qui inspira bien des tableaux anciens et modernes, veut qu’ils eussent été trois.

        Par cette fête, la chrétienté désire célébrer la manifestation de Dieu à tous les peuples, alors qu’il n’avait été annoncé par le Messie que comme le seul Dieu de la nation d’Abraham, où il s’était choisi une famille. Les autres peuples, assis au milieu des ténèbres, dit l’Ecriture Sainte, vivaient dans les ombres de la mort.

        Pendant les trois premiers siècles, le fête de Rois coïncidait avec celle de Noël, comme cela se pratique encore dans l’Eglise Grecque. Mais au Ive siècle, sous Jules III, ces deux fêtes furent séparées, et au Ve, les Eglises de Syrie et d’Alexandrie adoptèrent le nouveau mode.

        Comme elle est le fête la plus rapprochée du 1er janvier, et que Pâques, fête mobile, sert de pivot à toutes les autres, le diacre, ce jour-là, annonce pendant la messe, après l’Evangile, la date de la fête de Pâques.

       L’Epiphanie fut chomée jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Mais en 1801, le Concordat décida qu’elle serait renvoyée au premier dimanche qui la suivrait.

       La fête des Rois, dans les premier temps de l’Eglise, était célébrée la veille de l’Epiphanie, et consacrée par le jeûne, qui, au XIIe siècle, fut remplacé par un grand festin.

       Les hivers, si monotones dans les salles froides des châteaux, trouvaient quelque gaité à ces fêtes, fort appréciées par les familles seigneuriales du moyen-âge. Pour cette cérémonie, des prêtres du voisinage étaient invités à la chapelle. Un chanoine, élu d’avance, jouait le rôle du Roi des rois. Trois autres chanoines, représentant les mages, venaient l’adorer dans le chœur. Et après la messe, il présidait le grand banquet. 

       C’est à ce sujet que les laïques firent revivre l’ancienne coutume païenne du roi de la fête désigné par la fève, et il choisissait non seulement sa reine, mais encore son ministre  et son fou. Il ne pouvait, de tout le repas, porter son verre à ses lèvres, sans qu’aussitôt le cœur des convives s’écriât à pleins poumons : « Le roi boit ! »

        Même à la cour, cet usage avait une vogue particulière ; mais le roi de France se contentait de choisir le reine éphémère qu’il conduisait à la messe. Louis XIV sut donner à ses fêtes un prestige digne de Versailles.

         La révolution seule les supprima.

 

      

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