Petite histoire du point de croix.

L’histoire du point de croix


J'ai voulu pour le plaisir connaître un peu l'histoire du point de croix.
La question: Qui eut l'idée le premier de croiser 2 fils, puis d'aligner toutes ces petites croix pour former un dessin?
Voici le début:
Les fragments les plus anciens datent de 850 après J.C. et viennent d'Asie centrale.
Mais c'est au Moyen Age que commence le véritable histoire du point de croix.......

Dès l'an 850 de l'ère chrétienne,on découvre en Asie centrale des échantillons de soie brodés d'un point dont la technique ressemble à celle de notre point de croix. mais le vrai point de croix apparaît en Europe au moyen âge. Il est prouvé qu'entre le Xème et le XIIIème siècle les châtelaines, dans leurs attentes interminables, copiaient an point de croix les motifs des tapis que leurs époux,entre 2 croisades, ramenaient d'Orient.
On imagine ces dames copiant au point de croix des motifs venus d'Antioche, de Chypre ou de Constantinople,dans l'attente de leurs Croisés aux noms si beaux: Bohémond, prince de Tarente,les Etienne de blois et autres Robert de Normandie.....

Nous voilà dans le vif du sujet:
C'est sous la Renaissance que le point de croix va se populariser en Europe et commence à faire partie, traditionnellement, de l'éducation féminine.
L'Eglise, grande consommatrice de broderie pour ses ornements et broderie en tous genres, contribue beaucoup à son développement.
Une fille bien éduquer apprenait donc, depuis son plus jeune âge, à marquer le linge.
Lettres, bordures, symboles sont brodés. C'est alors que naît le sampler ou marquoir, brodés, en guise d'exercices, sur des morceaux de tissu, véritables référenciers de broderie que l'on se transmet, de mère en fille, chacun constituent une sorte de chef-d'oeuvre, qui s'accumulent et finissent par former de véritable encyclopédies que l'on consulte pour le motif le plus adapté au travail du moment.

Ces ancêtres de nos marquoirs sont de format rectangulaire, allongés dans la sens de la hauteur.Ils ont le lin (Bretagne), la soie (Rhône) ou la laine pour support, le coton étant encore rare en Europe où il ne poussent pas et les couleurs très peu nombreuses dans le commerce.
Les motifs sont disposés en désorde, au hasard les uns aux autres,et les marquoirs n'ont pas encore cet aspect de tableau qu'ils auront par la suite.... 

"Toutes laissent ainsi ces "traces" derrières elles, s'inscrivent dans une lignée où le fil se fait écriture et raconte, tout autant qu'un livre, leur histoire, leurs joies et leurs peines"
Dès le XVIe siècle, les premiers modèles imprimés commencent à circuler en Europe.Ilsviennent essentiellement d'Allemagne et d'Italie. En France un ouvrage de Jacques Le Moyne, La clef des champs (1586), un livret contenant des motifs de fleurs et d'animaux stylisés s'inspirant de l'Orient et des Symboles héraldiques.
Au XVIIe siècle éclate la "révolution rouge",grâce à des teintures naturelles importées d'Amérique, des nouveaux colorants naturels, économiques et faciles à utiliser,qui permettent de teindre les fils en rouge:cochenille,maclure(chlorophora tinctiria) et bois rouge du Brésil.
Les broderies au point de croix sont donc réalisées en rouge(symbole de vie) sur blanc.Les femmes commencent à apprendre à lire et broder des alphabets devient un exercice d'écriture. deux lignes d'alphabets, des chiffres apparaissent sur les marquoirs. Mais broder des lettres est une tâche austère qu'on égaye par des motifs floraux ou de petits animaux, qui servent aussi à occuper l'espace au bout d'un rang de lettres. Comme l'enseignement est dispensé dans les couvents, des motifs religieux se mèlent aux motifs floraux ou héraldiques.
La composition des marquoirs s'ordonne.....

On invente le canevas Pénélope avec ses deux trames horizontales traversées de deux chaînes verticales, ce qui permet d'associer petits et gros points.

A Paris George Sand passe de la plume à l'aiguille pour se détendre. Après sa rupture vénitienne avec Alfred de Musset, en 1834, elle décorera tout un salon au point de croix pour son nouvel amant, Pagello.

L'Allemagne n'est pas la seule à fournir des modèles. En France, les manufactures de coton font imprimer des dessins et diagrammes, destinés aux maisons d'éducations, aux ouvroirs et qui sont diffusés à la fois par les merceries et les journaux féminins.

En 1886, Thérèse de Dillmont, aristocrate Viennoise, déjà membre de l'Académie de la Broderie de l'impératrice Marie-Thérèse et fondatrice d'une école de broderie avec atelier et publications. Associée au filateur Jean Dollfuss dont l'immense entreprise textile s'appellera plus tard: Dollfuss-Mieg et Cie (DMC), elle diffusera ses modèles dans l'Europe entière.

A la mort de Thérèse de Dillmont, DMC reprendra ses modèles et son Encyclopédie. Traduite en dix-sept langues, l'encyclopédie de Thérèse se vend à deux millions d’exemplaires. Encore disponible aujourd’hui dans sa forme originale.

Mais la fin du siècle marque aussi la fin du point de croix… 

Au XVIIIe siècle, les marquoirs deviennent plus ornementaux. Leurs motifs s’éloignent de ceux des vieux livres. On s’intéressent de plus en plus à la nature et les motifs floraux, plus réaliste, succèdent aux plantes stylisées. On s’inspire des calicots peints importés des Indes. De rectangulaires, les marquoirs deviennent carrés, bordés sur trois puis sur quatre cotés.

Les alphabets, de plus en plus importants, s’agrémentent de textes (religieux, versets de la Bible, etc.), de scènes bibliques, Adam et Eve est le thème le plus populaire et de scènes champêtre.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, de petits paysages apparaissent au bas des marquoirs. Au moment de la Révolution, les symboles religieux, sévèrement interdis, disparaîtrons pour ne revenir en force qu’à la Restauration.

Le XIXe siècle sera l’âge d’or du point de croix…

 Dès l’Empire, c’est une folie. Le point de croix fait un retour en force dans notre culture, il témoigne de nouveau, comme dans les siècles passés, d’habitudes, de traditions, d’états d’âmes, d’évolutions. L’imprimerie a fait des progrès et Berlin diffuse sur toute l’Europe des diagrammes de point de croix imprimés sur papiers quadrillés et colorés à la main. Il s’agit d’un point de croix d’aujourd’hui pour la femme d’aujourd’hui, avec des dessins frais, tendres, réalistes ou drôles, mais surtout petits et rapides.

Cependant les merceries continuent encore de diffuser de petits fascicules de modèles d’alphabets et de symboles (les Sajou, entre autres).Dès 1904, la grande entreprise française de filature qu’est DMC à Mulhouse établit un monopole mondial de fils à broder avec plus de cent nouveaux comptoirs de ventes établis sur tous les continents, sans compter la filiale américaine fondée en1934.

La demande est telle qu’en 1840, on comptera 14000 diagrammes publiés, énorme pour l’époque…..

Les marquoirs ont jusqu’à six alphabets différents. Très personnalisés, ils mentionnent le nom, le prénom et l’âge de la brodeuse.

La pratique du point de croix, encore enseignée dans les écoles jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, ira decrescendo jusqu’aux années 50.

Aujourd’hui, cent dix ans après l’encyclopédie de Thérèse de Dillmont, voici venu le moment de crée une nouvelle encyclopédie du point de croix. Pensée et réalisée par la maison d’édition » Les Idées de Marianne », elle propose presque neuf cent pages de dessins classés par thèmes dans l’ordre alphabétique. Neuf cent pages de broderies petites ou moyennes, imaginées non pas pour de grands trousseaux ni d’interminables travaux de tapisserie, mais pour les moments de relaxation à dérober au milieu de toutes ces obligations de la journée d’une femme de l’an 2000.

Broder mesdames comme on croque un chocolat, de brefs et gourmands moments de plaisirs.

FIN de l’histoire du point de croix

   

Références, mes sources :

*Livres

1)[url=http://www.servimg.com/image_preview.php?i=74&u=13600533][img]http://i80.servimg.com/u/f80/13/60/05/33/th/p1040419.jpg[/img][/url]  Le livre du point de croix. Geneviève Dormann et Régine Deforges avec la collaboration d’Anne Spengler

 2) Extrait de l’encyclopédie du point de croix (Prima Dona Editions)

 

**Sites :

http://motifs-marquoirs.over-blog.com/

A gauche de l’écran « je vais voir »

*- Les marquoirs anciens (site du point de croix Bourguignon)

*- la symbolique dans les marquoirs

*- La passion de Dany – Tout sur « Marquer le trousseau »

en bas : «  Marquoir des mois de l’année », si vous désirez ce marquoir D’Isa et Bé vous pouvez le télécharger.

Notre aventure dans le passé est terminée, elle pouvait être plus longue, mais le principal à été dit….J’ai pris un réel plaisir de la partager avec vous.

 Il n’y a de ma part aucun droit d’auteur …Hi ! Hi ! Hi !

 

 

 

 

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